Il est 13h et nous avons chacun notre destrier. C’est parti!

Il faut tout de suis calmer les chevaux qui semblent pas mal nerveux! Il y a des mouches et puis ils attendent de partir depuis le début de matinée. Nous commençons très tranquillement dans une plaine immense, traversons une rivière que le chevaux renâclent à passer. 

Rapidement, nous nous rendons compte, Pierre et moi que les selles sont encore moins confortable que celles que nous avons testées aux 8 Lacs et que les quatre jours risquent d’être bien long! 

Alors oui, les selles mongoles c’est quelque chose! Ce sont deux tiges en ferraille reliées par une lanière de cuir. Et bien croyez-nous sur parole au bout de 10 minutes vous sentez que les quatre prochaines heures vont être looongues! 

Au bout d’une heure, Pierre demande à marcher en tirant son cheval. Effectivement nous allons à moins de 7 km/h, c’est donc relativement peu. Malheureusement pour lui, il a hérité du cheval le plus gourmand et paresseux du groupe, qui dès qu’il peut s’arrête pour brouter. 

Après ces grandes plaines un peu monotones nous passons enfin un col. Le sentier se rétrécit et devient plus technique. Quoiqu’on en dise, je pense que l’humain est plus habile pour passer dans les single tracks avec rochers et racines que le cheval… C’est très joli et la pause chaque heure trente est un vrai bonheur! Après un peu plus de 4h de cheval et presque 19km, nous nous arrêtons à notre premier bivouac.

C’est joli mais sans feu, nous sommes tous couchés à 20h. 

Le lendemain, nous avons encore de la chance niveau météo avec un grand ciel bleu. En effet nous craignons la météo car nous sommes à 2000m d’altitude et en cas de pluie nous risquons d’avoir rapidement froid. 

Avec Pierre nous faisons du ride and run et marchons neuf kilomètres soit environ la moitié du trajet. C’est sympa de pouvoir changer.

Nasaa, notre guide, fait sa première chute du tour. Le cheval semble avoir eu peur de quelque chose et fait un écart… Bref, il faut se méfier de ces bêtes! Plus de peur que mal, et Nasaa remonte immédiatement sur son cheval. 

Nous arrivons enfin chez la famille Tsaatan. Là, un français est déjà présent qui est arrivé la veille et repart le lendemain. La famille a deux teepes et surtout un troupeau de rennes! Incroyable! Ils se baladent autour de nous, viennent voir ce qu’on fait… On peut les caresser. Ils ont d’ailleurs un duvet tout doux sur leurs bois c’est incroyable! 

La famille Tsaatan est composée des parents, qui semblent jeunes, sans doute entre trente et quarante ans et quatre enfants : une ado de quinze ans et trois garçons de neuf, sept et cinq ans. Ils en paraissent tous deux à trois ans de moins! 

L’après-midi c’est séance bricolage. Tout le monde met la main à la pâte! Même Pierre! J’ai des vidéos à l’appui qui joue avec les enfants! Sans les mordre ni leur piquer leurs jouets!! 

A la tombée de la nuit nous assistons à la traite des rennes et pouvons même tester! La traite et le lait de rennes! C’est très gras, on dirait presque de la crème! 

Le lendemain matin, la jeune fille nous accompagne pour la cueillette des myrtilles. Il y en a de partout! On ne sait plus où donner de la tête! Nous en ramassons suffisamment pour faire de la confiture pour les prochains jours puis rentrons au campement où Pierre va s’essayer au renne! Une grande expérience!! Et puis il a tenu à être en tenue traditionnelle!

Après le repas du midi, nous reprenons nos chevaux et il est déjà temps de rentrer. Mais les nuages sont très menaçants et nous sentons que nous ne pourrons échapper à la pluie! 

Une vingtaine de minutes après notre départ nous entendons des cris d’enfants derrière nous. Nous sommes rapidement rattrapés par la famille au complet! Chacun est sur son renne et ils tracent! Les enfants sont enchantés de nous dépasser et nous de voir une famille à dos de rennes! A 5 ans ils se font mieux respecter que nous!

Nous les retrouvons au col où ils se sont arrêtés. Ils sont venus là avec le téléphone fixe pour avoir du réseau. Nous faisons une pause et notre horse master passe un coup de fil. En attendant nous entendons l’orage gronder et se rapprocher à vitesse grand V. 

Nous repartons à pied car nous nous suivons une descente pentue et dans de la mousse où nous nous enfonçons d’une dizaine de cm à chaque pas. Moi et mes chaussures trouées sommes ravies! Et puis avec l’orage la pluie arrive. 

Après presque trois kilomètres à pied, nous traversons un cours d’eau puis pouvons remonter sur le cheval. Et là c’est le drame! Nous sommes tous en file et le cheval d’Andy se met à avoir peur et part au galop, en laissant Andy par terre. Sauf que le cheval en partant effraie le cheval de Fabio et celui de Nasaa qui font tous deux une belle chute. Les chevaux se font la malle et les hors masters partent à leur recherche pendant que nous essayons de voir les dégâts. Heureusement tous se sont relevés, ils sentent déjà des douleurs poindre mais ça ne semble pas méchant. Nasaa a déjà un bel œil au beurre noir et se plaint de son dos. Elle va avoir une belle contracture. 

Tout le monde est un peu étourdi et l’envie de remonter sur le cheval est bien loin. Les chevaux reviennent et nous décidons de marcher à côté. 

Avec toute cette pluie et ces émotions nous nous arrêtons pour la nuit dans une maison en bois qui doit servir d’abris pour les nomades lorsqu’ils suivent leurs animaux. Nous montons la tente dans la maison et comme Nasaa n’est pas bien, c’est Andy qui nous prépare le repas. Ce sera des pâtes AL DENTE avec une sauce tomate! Enfin nous retrouvons des saveurs délicieuses!! Ca change de la soupe de bouillie de pâtes goût mouton!! 

A mon tour de travailler : nettoyer un bobo au coude, regarder les douleurs de dos de Nasaa et surtout essayer de lui faire comprendre en anglais que non, même avec tous les médicaments de la terre, nous ne pourrons pas faire disparaître son œil noir plus rapidement… Alors c’est déjà compliqué en français mais en anglais (en plus avec mon anglais plus que limité) c’est encore plus dur!

Le lendemain nous partons sous une pluie fine qui va rapidement s’arrêter mais les douleurs de certains et les peurs des autres font que Nasaa appelle Gambaa, notre chauffeur à la rescousse. Avec Pierre nous choisissons de finir à cheval, histoire de faire un tour complet. Les chevaux sont tous déchargés, et nous repartons Fabio, Pierre et moi avec les deux horse masters. Enfin nous allons au trot et même au galop! C’est grisant! Heureusement il ne reste plus beaucoup de kilomètres car c’est usant aussi!!

Nous voilà de retour à notre point de départ : la yourte des horse masters. Nous mangeons sur place, Nasaa achète un morceau de mouton qui a été tué le matin même pour les repas à venir. Et puis nous partons. Nous avons de la route!!

4 réponses pour “Rencontre avec une famille Tsaatan”

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