Le programme de la journée était simple : se lever tôt, trouver le lieu des départs des taxis partagés pour Osh, trouver le dit taxi, parcourir les 700 km de jour pour profiter de la vue et enfin trouver un logement sur place. Simple !

La journée

Les premières étapes se sont passées comme prévues, le réveil et p’tit dèj ne se sont pas trop éternisés et nous trouvons rapidement le lieu de départ des taxis (nous avions suffisamment cherché sur le net et ailleurs pour ne pas perdre de temps là dessus), simple je vous avais dit ! Et pour que ce soit encore plus simple, pour aller à Osh, suffit d’aller à Osh Bazar. C’est juste au sud sur une petite place
Arrivés sur place pour 8h, 2 personnes courent rapidement vers nous pour nous demander notre destination et le premier arrivé gagne le droit de nous montrer sa voiture ; une Honda 6 places avec des sièges assez larges un coffre de toit (sûrement pour placer les affaires supplémentaires) et volant à droite. On nous annonce « 1 personne devant et 2 derrière ! », parfait ! Le prix demandé est dans ce que nous avions lu donc pas besoin de trop négocier (1200soms par personne), ne reste plus qu’à attendre les 2 derniers passagers vu qu’il semble que nous soyons les premiers :-).
Mais à partir de cette étape, le thème parfait ne sera plus utilisé de la journée autrement qu’au passé …


Quelques minutes après, une personne se présente comme étant notre chauffeur, haaa, chacun sont boulot en fait, il y a des rabatteurs, les chauffeurs et ceux à qui ont donne l’argent, etc. bon ok.
Le temps passe et commence à devenir bien long, surtout qu’il y a minimum 10h de route (d’après les GPS et sans pause) mais après 1h45 d’attente, c’est bon ! Nous voilà partis pour Osh à 7 dans la voiture… Agathe et Pierre se replient stratégiquement sur la dernière rangée pour laisser nos 3 accompagnants sur la seconde rangée, première perte de confort pour eux :-/.
2 à 3 kilomètres plus loin, nous nous arrêtons devant une maison pour charger les affaires d’une de ces personnes… Et moi qui pensais qu’on prenait tout le coffre de la voiture, il aura bien fallu 10 min et quelques sangles pour charger tout son bordel sur le toit, mais bon on est reparti !
2nd arrêt à la ville voisine où le chauffeur m’indique d’aller faire quelques courses dans la supérette avant le trajet car les prix sont plus importants après, et donc un bon 1/4h plus tard nous sommes de nouveau sur la route mais avec un nouveau passager à bord, le petit « Ouzbek » de 14 ans vient de s’insérer dans la 3ème rangée de la voiture, 2nde perte de confort pour nos 2 aventuriers… Avec mon réflexe de toujours monter à l’avant pour les jambes, je me trouve vraiment (trop) avantagé mais ils me laisseront gentiment la place tout au long du trajet…


Nous avions lu sur les différents récits de voyageurs que la vue était belle sur cette route, et c’est effectivement le cas ! Nous passons 2 cols à environ 3000m et comme pour les autres sorties, les couleurs changent du tout au tout, des vallées arides aux pics enneigés ou des canyons avec différents tons de rouge au pleines verdoyantes avec des petits courants d’eau traversant le tout, vraiment superbe !

La route, elle, varie tout aussi vite, de l’asphalte fraîchement posé à des zones de terre et cailloux sur 50m (efficace comme ralentisseurs !), les troupeaux de moutons ou vaches sur la route (autoroute ?) participent aussi au folklore local et à faire diminuer la vitesse. Pied au plancher et sans dépasser le 40, notre Honda double tant bien que mal les autres véhicules qui semblent être à l’arrêt dans les pentes de 8 à 12%…

Après 5 bonnes heures de route, nous nous arrêtons sur une petite aire un peu avant Toktogul sans comprendre tout de suite que le chauffeur allait faire une sieste, dommage, nous ne profiterons pas d’une pause avec vue sur le lac, j’en profite donc pour aller manger et essayer de commander de l’agneau et là heureusement que le petit « Ouzbek » était là pour me commander ce que je voulais, personne d’autre dans le restaurant ne comprenait l’anglais ou ce que Google Translate indiquait… A 14 ans il avait déjà fait le tour du monde en passant quelques mois aux US et parlait parfaitement bien l’anglais… Merci encore pour ce repas qui ne m’aura coûté que 70 Soms ^^’!

La nuit !

La seconde partie de la journée a consisté à somnoler et dormir pour ma part jusqu’à ce que nous arrivions à notre second vrai arrêt dans un tout petit village Razan-Say pour grignoter à la tombée de la nuit, nous sommes partis depuis 10h, de quoi trouver le temps vraiment très (trop) long pour certains. C’est là que les choses « marrantes » ont vraiment commencé, nous sommes repartis de nuit et je me souviens avoir pensé que rouler de nuit allait être plus simple pour anticiper de doubler les voitures (facile de voir arriver au loin des phares), oui mais c’était sans compter que notre chauffeur était à droite, que les Kirghizes roulent (« presque ») comme nous à droite aussi et qu’il ne semble pas être rentré dans les mœurs d’anticiper quoi que ce soit sur la route…  hé hé 😓…

Je me retrouvais pratiquement tout le temps du mauvais côté de la route avec des voitures ou camions en face, oui les Kirghizes aiment rouler au milieu de la route… Ça fait plutôt bizarre lorsque le chauffeur décide de déboîter de derrière un camion pour voir s’il peut doubler ou lorsqu’il coupe les virages sans visibilité…


En plus de ça, pour ceux qui ne le sauraient pas, les feux de croisement d’une voiture sont légèrement désaxés afin de ne pas éblouir les voitures que l’on peu croiser et voir un peu plus sur les côtés. Ils sont donc plus bas côté conducteur ou plus haut coté passager. Nous nous sommes pris des appels de phares toute la nuit à cause de ce « mauvais réglage » en plus de notre surpoids de l’arrière qui ne devait pas aider la chose (non je ne dis pas ça pour vous hein A&P 😅). Les conducteurs dans le même cas ont alors l’habitude de jouer avec le comodo afin d’éteindre les feux (oui tout en roulant en pleine nuit) ou de passer en plein phare un petit instant pour faire comprendre qu’ils ne peuvent rien y faire, mouais…

On ne peut pas dire que le conducteur allait vite, je ne l’ai jamais vu dépasser le 110 même en descente mais ça plus la façon d’éviter les nids de poule ou virage au dernier moment ou encore de me montrer une vidéo d’Alizé sur son téléphone (parce que sa maman trouve qu’elle chante bien et qu’il la trouve jolie) tout en conduisant a fait que nous avons passé les 3 dernières heures de route les plus intenses de tout le voyage…


Entre sueurs froides, crispations, musique trop forte et le travail des fessiers pour ceux à l’arrière (vu que les amortisseurs étaient au bout de leur vie), nous avions plein de raisons d’arriver « légèrement » fatigué sur Osh…Heureusement, cette journée se terminera en étant déposés directement devant un hôtel qui nous fera les 2 prochaines nuits, mais pas avant un ultime arrêt de 15/20 min afin que le chauffeur prenne une douche et se fasse beau pour revoir sa famille…


À ceux qui pourraient le faire en 2 jours (ou plus) faites-le et profitez de ce que vous voyez ! Aux autres, l’avion peut être une bonne solution, à voir !

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